Soins partagés médecin généraliste - psychiatre

Des médecins généralistes témoignent

Docteur Bruno BEAUCHAMPS - médecin généraliste à Elancourt (78)

"Ces consultations ont été créées à l'initiative du réseau et à la demande des médecins généralistes, et leur sont spécifiquement dédiées.
Elles répondent au besoin d'obtenir dans un délai raisonnable un avis et/ou une prise en charge psychiatrique pour nos patients.
Les deux principaux obstacles à un partenariat satisfaisant médecins généralistes / psychiatres sont habituellement d'une part, la difficulté à obtenir des délais raisonnables et d'autre part bien souvent l'absence de coopération voire même d'information en retour.

Les CASSC s'efforcent de répondre à ces obstacles :

Les délais de rendez-vous : ceux-ci sont habituellement compris entre une et deux semaines mais sur simple appel téléphonique ils peuvent être réduits quand la situation clinique l'exige.
D’autre part, l'entretien téléphonique infirmier qu'a le patient sitôt qu'il contacte la CASSC lui permet de se sentir déjà « pris en charge » et de faciliter l'attente du rendez-vous.

La coordination et l'information :
- L'adressage : le médecin généraliste adresseur peut contacter directement la CASSC par téléphone et s'entretenir avec l'infirmière, le (la) psychiatre ou la psychologue de la consultation; il peut également faire un courrier classique d'adressage qu'il confie au patient. Si un patient prend directement contact avec la consultation, (ce n'est possible qu'à la CASSC de Versailles) l’infirmière prend systématiquement contact avec le médecin généraliste désigné par le patient si celui-ci (le patient) donne son accord.

- Le retour d'information : le médecin adresseur sera dès après le premier entretien CASSC contacté par téléphone, puis à l'issue de l'évaluation, qui peut nécessiter plusieurs consultations,  un courrier détaillé lui sera adressé concernant notamment le projet de soins établi pour son patient. Durant cette période il peut à tout moment être contacté ou contacter lui-même la CASSC pour coopérer activement à ce projet. L'expérience du travail avec les CASSC parait particulièrement intéressante dans  certaines circonstances précises : Lorsque la prise en charge spécialisée ne parait pas s'imposer initialement, mais qu'il existe néanmoins un doute diagnostic ou thérapeutique, cette consultation permet un avis ponctuel et précoce qu'autrement nous aurions hésité à demander.

Alors que le suivi d'un patient paraît trop lourd ou trop complexe,et que le type d'orientation psychiatrique ne nous paraît pas aller de soi, la CAS SC permet de "passer la main"  en ayant l'assurance que le projet de soins, qui sera défini pour ce patient le sera avec toute la compétence et la réflexion voulue,  par des professionnels qui ne sont pas eux même directement partie prenante de ce projet.

Enfin, et c'est là l'objectif à la fois le plus ambitieux et le plus intéressant de ce dispositif, il permet pour les médecins qui le désirent de continuer à prendre en charge des patients relativement lourds sur le plan psychiatrique par la mise en place d'un suivi conjoint qui a lieu dans un premier temps avec un psychiatre ou psychologues de la CASSC.

Par ailleurs, je tiens à attirer votre attention sur le fait qu'il est veillé à ce que le fonctionnement des CAS SC soit et reste le moins "paperassier" et le moins rigide possible de façon à ce qu'il puisse s'intégrer le plus écologiquement et le plus simplement possible dans notre fonctionnement libéral."

Docteur Christine Grillot - médecin généraliste à Montigny-le-Bretonneux (78)

"J'ai créé mon cabinet, et, rapidement, j'ai eu pas mal de patients "psy" que je ne me sentais pas toujours de prendre en charge seule. Je me suis surtout adressée à la CAS SC; c'est un outil d'aide au diagnostic très intéressant pour les généralistes. Ceux de ma génération n'ont pas eu une formation très adaptée à l'exercice en ville, on se sent souvent démuni. Avec la CAS SC, on sait qu'on peut avoir un soutien extérieur, on se sent moins seul, et celà optimise vraiment la prise en charge des patients."
(Extrait "le généraliste" n°2472 du 19/12/2008)

Docteur Christophe Margerit - médecin généraliste à Versailles (78)

"Avant, c'est bien simple, je n'avais aucun lien avec les psychiatres. Aujourd'hui, je les connais, ils m'adressent des courriers, j'ai des retours. Le résultat, c'est que je fais bien plus de psychiatrie qu'avant. Et je suis davantage de patients, et des patients plus lourds -schizophrènes, bipolaires, etc.- qu'il m'angoissait de suivre auparavant. Je ne suis pas isolé..."
(Extrait "le généraliste" n°2472 du 19/12/2008)

Docteur Patricia Lefébure - médecin généraliste à la Celle-Saint-Cloud (78)

"La santé mentale m'intéresse et, en médecine générale, même si ce n'est pas le motif de consultation premier, c'est une problématique omniprésente. Or notre formation est quasi inexistante. Egoïstement, j'ai d'abord vu le réseau comme une opportunité pour améliorer ma pratique, me former. Le RPSM 78 a révolutionné ma façon de faire avec ces patients. La confrontation avec mes confrères, généralistes et psychiatres, a beaucoup changé ma pratique. Les patients apprécient d'avoir un autre avis que le mien; ils adhèrent parfois mieux aux traitement après un passage à la CAS SC. C'est rassurant pour eux de savoir que leur généraliste et le psychiatre échangent à leur sujet. Et puis, pour nous, généralistes, qui sommes très enfermés dans le colloque singulier, le travail en réseau nous donne une certaine hauteur de vue en nous ouvrant à la dimension santé publique."
(Extrait "le généraliste" n°2472 du 19/12/2008)

HTMLhtml5 validationCSScss3 validation